20 févr. 2010

Avec le Christ, au désert...

"Après son baptême, Jésus, rempli de l'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l'Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon...

Il est écrit : "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre."





Il est écrit : "Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras."





Il est dit : "Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu."







... Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé."




(Evangile selon Saint Luc 4, 1...13)



Pour poursuivre la méditation, nous vous proposons de méditer avec un moine qui a écrit sur le thème du désert...
Au désert, comme partout, il n’y a pas deux âmes à suivre exactement la même piste et Dieu ne se répète pas dans ses créations. Bien rarement, (peut-être jamais ?) révèle-t-il ses desseins par avance.

Entrez au désert humble et détaché.
Pour Dieu qui vous y attend, vous n’apportez rien qui vaille, sinon votre entière disponibilité. Plus léger sera votre bagage humain, plus vous serez pauvre de ce que le monde estime, plus vous aurez de chances de succès, car Dieu sera plus libre de vous manier.
Il vous appelle à vivre en tête à tête avec lui seul : à rien d’autre.

L’action directe sur les hommes, fût-ce par la plume, n’entre aucunement dans les perspectives intentionnelles du Désert. Il faut donc consentir à vous perdre entièrement. Si vous désirez secrètement être ou devenir « quelqu’un » vous êtes voués à l’échec. Le désert est impitoyable : il rejette immanquablement tout celui qui s’y recherche.

Entrez-y dans une sainte nudité…

Que cette semaine soit pour tous l'occasion d'oser affronter ce chemin au désert... et de laisser ce qui nous empêche d'y marcher...

Sélignac... entre glace et dégel !

Voici quelques photo prises lors de notre dernier séjour à Sélignac...

La Cour d'Honneur



La nature recouverte de gel




Images de la campagne








L'Abbaye

14 févr. 2010

Promenade dans Lyon...

Petit coup d'oeil sur notre semaine...

Après une semaine bien occupée, ponctuée par quelques retards de trains, la Mission de Lyon a eu la joie d'accueillir Bertrand et Marika, de la Chartreuse de Sélignac... Une manière pour eux de découvrir notre lieu de vie et de parcourir avec nous quelques quartiers de Lyon...



Comme vous êtes tous devenus de fidèles admirateurs des desserts de Soeur Claude, nous vous montrons le dernier de ses prodiges !

Vendredi soir, Marie-Cécile, une étudiante de Clermont-Ferrand, originaire de Bordeaux, nous rejoignait pour le week-end : avec elle, beaucoup de fous-rires... et un parcours autour de la basilique de Fourvière enneigée...








Dimanche, nouvelle découverte : nous sommes allées à la messe sur le bateau-chapelle "Le Lien", quai Rambaud, le long du quartier de Sainte Blandine. L'aumônier des bâteliers, un père dominicain, nous a accueillies chaleureusement.







Dans un prochain article, nous vous partagerons la signification de la croix des mariniers.

7 févr. 2010

Méditation du psaume 120

Notre "belle vue" nous inspire la méditation... Voici un petit temps spirituel...

Pour méditer, en chemin...

Nos pas ont emprunté beaucoup de routes cette semaine... et nous vous proposons, pour poursuivre le chemin, cette méditation de Monseigneur de Bérranger sur l'envoi en mission des douze (commentaire de Marc 6, 7-13) ... dans la droite ligne de la dynamique du provisoire...




" Le fils de l'homme transmet progressivement son autorité aux douze, qu'il a choisis, appelés, institués (1, 16-20 ; 2, 13-14 ; 3, 13-19). Non seulement il les instruit à part (4, 10), mais il les forme à la ressemblance de son ministère de guérison, de prière et de prédication. Il les exerce à l'apostolat en les envoyant deux à deux sur un itinéraire de mission avec des consignes strictes.




Autorité de la fonction, pauvreté de son exercice pratique. On ne voit pas, dans l'équipement des envoyés, sur quoi s'appuyer. D'où leur vient donc cette autorité ? demandera-t-on. Qu'ils ne fassent montre d'aucune sécurité trop humaine, qu'ils ne s'embarrassent ni de provisions ni d'argent. Seulement le bâton du marcheur et de quoi se vêtir pour la journée ! Un François, à Assise, cherchera à imiter cet exemple à la lettre avec ses frères chaussés de sandales... d'où l'on voit que, semon le mot de l'autre François (de Sales), "la vie des saints est à l'évangile ce qu'est une partition chantée par rapport à une partition notée."




Comme Israël, sorti d'Egypte "à la hâte" (Ex 12, 39), comme Jésus lui-même pressé par la foule, ses envoyés auront à vivre la "dynamique du provisoire". Ils se confierons à l'hôte d'un jour pour refaire leurs forces, nettoyer leur tunique, prêts à se ceindre à nouveau pour la marche du lendemain. Pauvreté et disponibilité radicale qui leur apprendront à "se confier en Dieu seul", comme Antoine Chevrier le voudra pour les membres du Prado.




L'hospitalité dont doivent faire preuve ceux que les douze viennent visiter ne se traduit pas uniquement par l'accueil qu'ils leur réserveront, mais par l'écoute de la nouvelle joyeuse portée par ces hérauts d'un évangile de conversion en actes : démons jetés dehors, onction d'huile sur de nombreux infirmes qui rentrent guéris ! Mais Jésus, le premier, fait preuve d'autorité dans le "précepte" qu'il donne aux apôtres à l'encontre des lieux qui seraient sourds à l'évangile et donc inhospitaliers. En secouant la poudre de dessous leurs pieds, les envoyés donneront le témoignage que ces endroits demeurent une "terre de païens".

31 janv. 2010

Pas de vie humaine sans foi...

Nous vous partageons cet extrait d'un ouvrage de Christoph Theobald qui éclaire notre expérience de foi.
Qu'est ce que nous apprend le "passeur" de Galilée ?
D'abord et avant tout ceci : Jésus nous apprend qu'il n'y a pas de vie humaine sans "foi". Comprenons bien ce mot si galvaudé de "foi" et ne pensons pas trop vite au "Credo" de Nicée-Constantinople ni même à des enseignements proprement chrétiens. Pensons à l'acte élémentaire de confiance que nous posons tous les jours pour pouvoir vivre : la vie mérite-t-elle d'être vécue ? Tient-elle sa promesse ? Rien ne le garantit d'avance : pour vivre, il n'y a pas d'autre chemin que de faire "crédit" !
Il n'y a pas de vie humaine sans foi
On entend ce langage élémentaire de la foi traverser tous les domaines de notre existence : "croyance" et "créance" sont étymologiquement voisines ; "faire crédit", "éprouver la fiabilité", "se fier à quelqu'un", tout cela est nécessaire dans le monde financier et économique comme dans nos relations les plus intimes, et pas uniquement dans la sphère religieuse. L'ensemble de nos échanges, voire toute notre vie en société, est fondé sur une confiance inaugurale ou intiale.
Et c'est ce qui caractérise l'homme ; les anthropologues nous l'apprennent : à la différence de l'animal, l'être humain est radicalement inachevé quand il naît et il le reste tout au long de son existence. Cet inachèvement constitutif fait appel à sa capacité à faire confiance en la vie, à y croire. Mais il doit passer chaque fois un "seuil" quand il laisse la peur devant l'inconnu céder la place au simple courage d'être et de vivre ; toutes les cultures le savent en accompagnant ces passages décisifs par leurs rites d'initiation.
Ces seuils, personne ne peut les franchir seul. Pour chacun de nous, ces "nouvelles naissances" supposent déjà des relations, parentales ou autres, qui nous précèdent : nous sommes réellement engendrés à faire confiance, sans toutefois que la responsabilité de notre décision de croire ou de ne pas croire en la vie puisse nous être enlevée. Qui ne se souvient pas d'avoir entendu une parole décisive d'un autre ou d'avoir vu dans son regard bienveillant la possibilité de faire soi-même le pas qui coûte ! A certaines étapes de notre existence, il nous paraît suffisant de vivre sur la vitesse acquise ; mais à des moments de passage ou de crise, l'acte de foi inaugural en la vie doit être réactivé. Dans ces situations, nous avons vraiment besoin de personnes capables de susciter la foi ou de la ressusciter. Nous avons besoin de "passeurs".
C'est alors que nous découvrons que le "passeur" de Galilée s'intéresse d'abord et avant tout à cette "foi" comme unique source de vie : "C'est ta foi qui t'a sauvé", dit-il à tant d'hommes et de femmes rencontrés en situation de nécessité : celui qui depuis douze ans souffre d'hémorragies, les porteurs du paralytique, le centurion attaché à son esclave malade et sur le point de mourir,etc. Jésus nous apprend ainsi qu'il n'y a pas de vie humaine sans "foi".
Christoph Theobald, Transmettre un Evangile de liberté, Bayard, 2007
Merci pour votre visite !